LE MONASTIR DEL CAMP
Le Monastir del Camp (Monestir del Camp en catalan, ce qui signifie « Le monastère du Camp ») est un ancien monastère qui aurait été construit, selon la légende, à la fin du VIIIème siècle ou au début du IXème siècle, à la demande de Charlemagne à Passa près de Thuir, dans les Pyrénées-Orientales. Trop peu connu, c’est l’un des joyaux de l’art roman catalan.
Son histoire
A la suite de sa victoire contre les Sarrasins lors de la bataille de Panissars en l’an 785, Charlemagne arrêta ses troupes à deux lieues du village de Passa. Les soldats assoiffés cherchaient en vain une source lorsque l’un d’eux planta son épée dans le sol asséché du lit de la rivière. De l’eau en jaillit et tous purent se désaltérer dans le « Riu del Miracle » qui coule à cet endroit. Pour marquer sa reconnaissance à la Vierge Marie, qui avait permis à son armée de se désaltérer, le roi demanda qu’une chapelle soit érigée à cet endroit.
Historiquement, le Prieuré du Monastir del Camp a accueilli la communauté des chanoines de Saint Augustin, aux environs de 1116. Par la suite, le prieuré deviendra un monastère bénédictin. L’église que l’on peut voir de nos jours a été construite à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne dédiée à Sainte-Marie, datant de l’époque carolingienne (IXème siècle). En 1307, un cloître de style gothique, aux arcades trilobées, fut ajouté. Le monastère a été sécularisé par bulle papale de Clément VII en 1592.
Après le départ de la communauté des chanoines de Saint Augustin, le Prieuré fut vendu par Louis XVI à la famille Jaubert de Passa. A la Révolution, les habitants du prieuré se réfugièrent en Espagne et le monastère fut transformé en hôpital. En 1826, Prosper Mérimée, alors ministre, classa le site au titre des Monuments Historiques. Il était l’ami de François Jaubert de Passa, homme de lettres, auditeur au Conseil d’Etat et Président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales.
Le mot du propriétaire du Monastir,
Jacques Marceille
Mon ancêtre, François Jaubert de Passa était un homme important du XVIIIème siècle, auditeur au Conseil d’Etat de Paris, hydrologue reconnu hors frontières, correspondant de Prosper Mérimée durant 20 ans en qualité d’inspecteur régional des Monuments Historiques. Il a fait beaucoup pour la conservation du Monastir del Camp et sa petite fille aussi. Je m’évertue à maintenir en état ce monument, ce qui n’est pas facile, je vis là où mes ancêtres ont vécu et j’aimerais que mon petit-fils en prenne la succession
malgré toutes les contraintes et la lourdeur des charges que cela implique. A 82 ans, je n’ai pas envie de lâcher un tel patrimoine et pourtant l’idée m’en est venue de temps en temps… par découragement… mais toujours la raison l’a emporté.


